Le joueur Marco Asensio prêté par le Paris Saint-Germain à Aston Villa va-t-il provoquer l’élimination de son club prêteur ?

💡 Asensio, prêté en janvier 2025 au club londonien pour 6 mois, participe à l’excellente campagne européenne de son nouveau club, jusqu’à affronter ce soir le club avec qui il est lié par un contrat de travail – suspendu le temps du prêt. La situation cocasse est possible depuis la fin de l’interdiction des prêts (jusqu’en 2003 au Royaume-Uni) et est sécurisée à l’article L.222-3 2ème alinéa du Code du sport.

Malgré cela, les clubs inséraient fréquemment des clauses dans les contrats de prêt qui empêchaient le joueur de disputer ces rencontres (aussi appelées les clauses de la peur – ‘clausula del miedo’ en espagnol, de crainte de vivre une humiliation si le joueur élimine le club qui le prête).

💵 Le club Chelsea avait lui tenté d’obtenir une compensation lorsqu’un de ses joueurs affrontait son ancienne équipe : il a demandé à l’Atlético de lui verser 2,5 millions £ si le gardien Thibaut Courtois était aligné face à lui en Ligue des Champions, ce qui n’a pas manqué d’arriver en 2014. Mais l’UEFA, organisateur des compétitions européennes, a déclaré cette clause nulle, sans effet et inopposable.

🚭 Dorénavant, cette ingérence est bannie dans le Règlement de la Ligue des Champions : « (…) Aucun club participant à une compétition interclubs de l’UEFA ne peut directement ou indirectement (…) participer de quelque manière que ce soit à la gestion, administration et aux activités sportives de tout autre club participant à une compétition » (article 5.01 sur l’intégrité des compétitions – a. – iii). Ainsi, le PSG ne pouvait pas introduire une clause qui aurait écarté Asensio le temps d’une rencontre.

Est-ce le cas partout ? Non. Le Royaume-Uni et le Portugal prévoient une interdiction généralisée de participation contre son club prêteur. Dans les autres championnats nationaux, la liberté contractuelle prédomine entre le club prêteur et le club emprunteur. Libre à eux de préciser les conditions de la mise à disposition du joueur et les contreparties financières : le club arbitre donc entre surpayer et éviter que le joueur joue contre lui OU moins payer et prendre le risque que le joueur performe face à ses anciens équipiers.

⚽ Le PSG va-t-il se mordre les doigts ce soir ? Asensio pourrait-il être animé par un désir de vengeance, dans la mesure où il n’a pas été conservé dans l’effectif type par un manque de confiance de la direction ? En tous les cas, au vu des enjeux et a fortiori dans le pays du foot, il est fort à parier que rien ne pourra l’empêcher de célébrer son but dans les arrêts de jeu ou son pénalty victorieux. C’est la beauté du football : observer un joueur se transcender