Les clubs doivent-ils libérer leurs meilleurs joueurs pour l’équipe nationale ? 🇫🇷

Kylian Mbappé est retourné dans son club, le Real Madrid C.F., suite à une alerte à sa cheville. Il manquera donc le match qualificatif ce soir à la coupe du monde 2026 de la FFF – Fédération Française de Football. Le joueur a toutefois déjà rejoint son club et sera opérationnel pour reprendre le championnat dès le weekend prochain, ce qui ne manque pas de surprendre.

Le club a-t-il enfreint une règle ? 🧐

En principe, le club est dans l’obligation de libérer son joueur pendant la période de matchs internationaux – d’une durée de neuf jours – et peut le récupérer dans les 24h de la fin de sa mise à disposition (cf annexe 1 du Règlement statut et transfert de la FIFA). S’il décourage son joueur notamment par des retenues de salaire, il s’expose à des sanctions.

Cette limitation au libre accès du joueur à la pratique sportive est proportionnée aux objectifs de compétitivité de l’équipe nationale et de la préservation de la santé du joueur, afin d’éviter l’enchaînement des matchs au-delà de ce que le corps peut endurer.

Dans notre cas, Mbappé n’a pas attendu la fin de la période internationale pour revenir dans son club.

Le club peut-il invoquer une exception à la règle ? 🙏

Les staffs médicaux peuvent constater l’incapacité du joueur pour libérer prématurément celui-ci. Le sélectionneur est toutefois dans le droit de demander au médecin fédéral de s’assurer par tout moyen de l’état de santé du joueur ET de lui en rendre compte.

Cela signifie que le sélectionneur pourrait mener une enquête sur la véracité des rapports médicaux et conclure à une aptitude ou non à jouer.

Les Règlements n’ouvrant pas d’autre dérogation – il peut être « empêché » sans que l’on sache réellement à quoi cela fait référence -, la maladie ou blessure sembleraient donc les seules options offertes au club, sans quoi il se mettrait en faute.

Que risque le club en cas d’infraction au Règlement ?👮

En cas de motif non sérieux, le club risque la suspension du contrat de travail avec le joueur et les dirigeants des sanctions sportives (article 209 FFF et Code disciplinaire FIFA).

Quels éléments le club peut-il invoquer pour se défendre ? ⚖️

Les clubs estiment que la compensation prévue n’est pas à la hauteur de la perte de l’actif économique engagé par le club en cas de blessure.
A titre de comparaison, l’équipe nationale dans le rugby est considérée comme « employeur temporaire » du joueur (article 12.1 Convention LNR/FFR, statut des joueurs salariés d’un club professionnel).

Ceci emporte comme conséquence une assurance bien plus robuste. Ce risque financier qu’accepte d’endosser la Fédération de rugby s’explique par la collaboration transparente avec les clubs tout au long de la saison, notamment en organisant des réunions plénières. Cette méthode para-juridique de règlement des différends clubs v Fédé se révèle très efficace.

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